Je suis votre émission assidûment et je l’apprécie beaucoup. Ma question est celle-ci. Comme la Bible l’enseigne, à notre mort nous n’existons plus jusqu’au jour de la résurrection. Notre âme n’est pas éternelle. Où est allé Jésus durant sa mort et pourquoi dit-on qu’il est descendu aux enfers,  s’il n’y avait aucune âme à sauver ?
Daniel Rivard
 
Merci, Daniel, pour vos encouragements concernant notre émission, que vous suivez assidûment. Nous espérons que, par la grâce de Dieu, les enseignements, les réflexions et les témoignages que nous partageons peuvent vous enrichir et vous aider dans votre cheminement avec Dieu.
 
Vous avez fort bien compris l’enseignement biblique à propos de la mort et de l’espérance de la résurrection. Votre question concerne ce que Jésus a vécu entre sa mort et sa résurrection, «aux enfers».

Rappelons d’abord que quand on dit que Jésus est «descendu aux enfers», on ne cite pas la Bible, mais une phrase de ce qu’on appelle le Credo de l’Église (catholique), qui au IXe siècle de notre ère a incorporé cette phrase dans sa profession de foi. Il est intéressant de noter comment un commentaire de cette même Église interprète la «descente aux enfers» de Jésus.
 
Je cite textuellement :
« En français, « les enfers » (au pluriel) traduisent le séjour des morts chez les anciens, le sheol en hébreu, l’hadès en grec. Les enfers sont donc le lieu où vont les morts, sans distinction entre les bons appelés à être sauvés et les méchants qui seront damnés…  Les enfers sont donc un lieu « neutre » mais à connotation triste, de mort, et coupé de la présence de Dieu.
Entre sa mort sur la croix dans l’après-midi du Vendredi Saint et sa résurrection au matin du Dimanche de Pâques, donc essentiellement lors du Samedi Saint, le Christ est « descendu aux enfers ». Il a séjourné parmi les morts. Le Samedi Saint est par conséquent un temps de vide, de silence …
La résurrection du Christ, le troisième jour, le fait sortir des enfers pour rejoindre le monde des vivants. Par sa résurrection, Il pourra nous faire sortir nous-mêmes des enfers et ressusciter avec lui au Dernier Jour. Le sens théologique de cette descente aux enfers est aussi plus largement que, quelles que soient les morts, grandes et petites, auxquelles nous sommes confrontés, le Christ nous y a précédé et peut nous en sortir. Ce que les chrétiens célèbrent à Pâques, c’est donc la victoire de la vie sur la mort, par le Christ qui est le Vivant par excellence, parce qu’Il a traversé la mort. »
Je peux pleinement souscrire à cette explication. Effectivement, Jésus-homme a vécu une vraie vie d’homme et une vraie mort. Il a séjourné dans ce que la Bible appelle le «séjour des morts», le lieu du silence selon Psaume 115.17, là où il n’y a ni pensée, ni mémoire, ni émotion (voir Ecclésiaste 9.5,6,10).
Il ne faut rien voir de plus dans cette expression que ce que la Bible enseigne : Jésus a été crucifié, il est mort sur la croix, il a été enseveli dans un tombeau. Ainsi, le Christ a connu le sommeil de la mort, le séjour des morts, «les enfers», mais comme le dit l’apôtre Pierre :
«Il n’était pas possible que la mort le retienne en son pouvoir.» (Actes 2.24)
 
«Il n’a pas été abandonné au séjour des morts et sa chair n’a pas connu la décomposition» (Actes 2.31).
 
Ce court moment dans le séjour des morts était le prélude à sa victoire manifestée par la résurrection :
 
«Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures. Il a été enseveli, mais il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures.» (1 Corinthiens 15.3,4)
 
J’espère que ces quelques explications répondent à votre question.

Que Dieu vous bénisse !
Rémy Ballais